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Harcelée : un polar de Jason Starr

Katie Porter, jeune provinciale de Lenox Massachussetts, a vraiment du mal à s’adapter à sa nouvelle vie New-Yorkaise. Certes, elle a toujours rêvé de partir de sa petite bourgade natale mais la vie dans la grosse pomme n’est pas si idyllique que ça. Tout d’abord, son patron est un vieux dégueulasse qui n’arrête pas de la reluquer en lui faisant des réflexions déplacées sur sa tenue vestimentaire. De plus, ses copines sont vraiment égoïstes et ne parlent que d’elles-mêmes sans être à l’écoute de ses petits tracas. Et puis surtout, Katie n’arrive pas à trouver le petit copain idéal. Certes, il y a bien Andy, mais il est un peu lunatique à ses yeux. Certains soirs, il est vraiment adorable et d’autres, il est odieux. En tout cas pour Katie, hors de question de coucher dès le premier soir et de se faire encore avoir par un type qui ne pense qu’au cul et qui veut essayer des positions qu’il a vu dans un film porno. Alors, lorsque que Katie a le cafard, deux solutions s’offrent à elle. La première est d’aller faire chauffer la carte bleue en achetant des trucs inutiles dans les magasins de fringues. Mais la vie à New-York est suffisamment chère pour que Katie doive faire attention à ses finances et ne pas finir dans le rouge. La deuxième est d’aller se défouler dans son club de gym ce qui lui permet de garder la ligne. C’est d’ailleurs dans son club qu’elle retombe sur un employé fraichement embauché qu’elle connait, Peter Wells. Elle a de vagues souvenirs de Peter puisqu’il trainait dans l’entourage de sa grande sœur lorsque celle-ci était encore toute petite. Il a bien changé depuis Lenox et Katie est étonnée de voir à quel point il est gentil avec elle. Mais ce que Katie ne sait pas, c’est que cette rencontre n’est en rien due au hasard. Wells connait toutes les grandes comédies romantiques par cœur et il a de grands projets pour lui et Katie. Mais Wells n’est pas Tom Hanks ou Hugh Grant et la vie n’est pas un film. Et quand les choses ne se passent pas comme Wells l’avait imaginé, il est capable de tout, vraiment de tout.

Harcelée (2007), récemment paru aux éditions Rivages/Noir, contient tous les thèmes chers à l’œuvre de Jason Starr. Comme toujours dans les polars de Starr, l’action se déroule à New-York. Starr est véritablement l’écrivain du New-York de l’après 11 septembre. Grâce à lui, la grosse pomme n’est pas qu’une ville magnifique pour touristes français ébahis de marcher dans des rues si silencieuses, propres et sécurisées. En faisant craquer son vernis, Starr réussit à rendre de nouveau New-York dangereuse et menaçante. Comme dans tous les autres romans de Starr, les personnages de Harcelée ne sont pas des truands mais des gens comme tout le monde qui basculent dans la violence une fois qu’un engrenage malsain s’est enclenché. Starr est très fort pour brosser des portraits de ratés et dans Harcelée, tous les personnages en prennent pour leur grade. Il y a tout d’abord Andy, le petit ami de Katie. Andy est un étudiant frustré qui a appris la sexualité grâce à des films pornos. La description de la vie en collocation d’Andy est apocalyptique et Starr s’en donne à cœur joie en décrivant la crasse dans laquelle ces jeunes males en ruts vivent. Le portrait de Katie n’est pas tellement mieux. Sa naïveté est tout simplement insupportable et fait d’elle une victime idéale. Starr nous peint une jeune fille frigide, incapable de jouir et qui couche pour coucher. Après un rapport laborieux avec Andy, où comme d’habitude elle a plus subi que joui, Katie pense qu’elle a peut être été violée sans avoir la moindre idée de ce qu’est véritablement un viol. Le sommet du livre est bien évidemment Peter Wells. Psychopathe parfait et sûr de lui, Wells s’imagine avoir une classe folle alors que Starr nous montre la pauvreté de son imaginaire et les tristes clichés dans lesquels il patauge. D’ailleurs, lui aussi a d’énormes problèmes sexuels et au final, Harcelée est le roman d’une société américaine malade qui n’arrive pas à s’épanouir.

Harcelée est le livre d’un écrivain en pleine possession de ses moyens. En effet, depuis La ville piège (2004), Jason Starr a vraiment affiné son écriture. Les dialogues de ses livres sont de plus en plus drôles et savoureux et mettent en lumière la ringardise des personnages de l’écrivain. Harcelée confirme que Jason Starr n’hésite plus à pousser ses intrigues jusqu’au bout, quitte à être vraiment cru et sordide. Tous ces ingrédients font que Harcelée se lit d’une traite et que le lecteur a du mal à contenir son plaisir en tournant les pages de plus en plus vite. En refermant ce livre, on est soulagé que le cauchemar pour Katie soit enfin terminé. Mais après avoir vécu tant de frayeurs avec Katie, Peter, Andy et l’inspecteur Himoto, on souhaite qu’un jour les personnages de Harcelée prennent vie sur un grand écran.

Jason Starr chez Rivages/Noir :
  • Mauvais Karma
  • La ville piège
  • Frères de Brooklyn
  • Loser
  • Harcelée

La psychose des papas de Norman Bates

C’est de notoriété publique, Norman Bates a de sacrés problèmes avec sa mère.  De son père, on ne sait pratiquement rien si ce n’est qu’il brille par son absence. A l’inverse, créateurs, réalisateurs et interprètes de Norman Bates ont été extrêmement présents pour suivre l’évolution de ce personnage retors. Et cela n’a pas été sans accrocs.

En 1957, l’auteur Robert Bloch suit avec attention un sordide fait divers dans lequel Ed Gain, surnommé alors le boucher de Plainfield est arrêté pour le meurtre d’une femme. La police trouve  chez lui de macabres objets fabriqués à l’aide de cadavres déterrés dans les cimetières du coin. Tout comme pour son roman Le boucher de Chicago, inspirés de faits réels, Robert Bloch fait travailler son imagination et ses talents de romancier afin d’en tirer un livre. Livre qui arrive dès sa parution entre les mains d’Alfred Hitchcock qui décide aussitôt de l’adapter au cinéma.

Ed Gain

La passation du destin de Norman entre Robert Bloch et le maître du suspense se passe très bien tant l’adaptation d’Hitchcock reste fidèle au roman. Anthony Perkins se fond admirablement derrière les traits dérangés de Norman Bates. On connait la suite, le motel et l’effroyable scène de la douche dans laquelle Marion Crane (Janet Leigh) y laisse sa vie. La folie et les tourments de Bates sont démasqués par Lila Crane (Vera Miles) qui enquête sur la mort de sa sœur. Bates, sous l’emprise d’une mère morte, n’est pas jugé responsable et est directement envoyé à l’asile.

Epaulé par une publicité machiavélique, le film Psychose (1960) d’Alfred Hitchcock fait rapidement partie de ses films mythiques que l’on pense intouchables. Pourtant, en 1982, alors que le maître du suspense a donné son dernier tour de manivelle en avril 1980, Norman Bates, orphelin de son réalisateur, est prêt à sortir de l’asile.

Norman Bates peut encore rapporter de l’argent, Universal Pictures n’entend donc pas laisser dormir un si joli pécule à l’asile. Tom Holland (Jeu d’enfant, Class 1984) est chargé de rétablir notre grand malade en écrivant le scénario d’une suite de Psychose. Anthony Perkins décline dans un premier temps l’opportunité de reprendre son rôle de psychopathe. Le studio ne baisse pas pour autant les bras et propose à un autre taré, Christopher Walken, d’interpréter Bates. Ne voulant pas se faire voler la vedette, Perkins revient sur sa décision et accepte. Contre toute attente, Psychose 2, réalisé par Richard Franklin (Coma, Link) est un succès. Des mauvaises langues diront que ce succès est du au fait qu’il n’y avait pas beaucoup de films à aller voir lors de sa sortie durant l’été de 1983. Pourtant, après une absence aussi longue et en reprenant un sujet aussi casse-gueule, Psychose 2 est dans une certaine mesure une réussite. Franklin abandonne le noir et blanc pour la couleur dans cette suite ou le pauvre Norman se fait harceler jusqu’à redevenir fou par Lila Crane, toujours jouée par Vera Miles, qui n’a pas digéré d’avoir perdu sa sœur. Le fantôme de la mère de Norman plane sur un Perkins toujours aussi malsain. Jerry Goldsmith reprend avec intelligence la musique effrayante composée par Bernard Herrmann. Anthony Perkins prouve avec ce film qu’il est Norman Bates et que ce personnage peut exister sans la caméra d’Alfred Hitchcock. Mais la plume de Robert Bloch n’a heureusement pas dit son dernier mot.

Pendant la production de Psychose 2, on imagine que Robert Bloch est au courant que le personnage qu’il a inventé va reprendre du service au cinéma. Non concerté pour l’écriture du scénario, Bloch a du être excédé de voir son personnage lui échapper. Bloch pense qu’une suite au film d’Hitchcock est une hérésie. Il se sent donc obligé de répliquer en écrivant son propre Psychose 2. Ce livre, sorti en 1982, n’a rien à voir avec le scénario du film qui sortira l’année suivante. Robert Bloch prend un autre chemin que le scénariste Tom Holland et règle ses comptes avec Hollywood. Dans ce roman, Norman Bates s’échappe de l’asile déguisé en religieuse et n’est en rien guéri.  Ironiquement, Bloch se fait un plaisir de lancer Norman Bates, ou son spectre, au milieu de l’équipe du tournage d’un film retraçant sa vie. Bloch se venge de l’industrie du cinéma puisqu’évidemment, chaque personnage participant au tournage de ce film, vulgarisant et ridiculisant la mémoire du personnage de Norman Bates, se fait admirablement trucidé. Même si Psychose 2 de Robert Bloch a été moins lu que Psychose 2 avec Anthony Perkins n’a été vu, Bloch a réussit à écrire un livre terrifiant afin de récupérer son déséquilibré bébé et de montrer qui est le véritable père de Norman Bates.

Sidéré par le succès du film Psychose 2, Anthony Perkins tombe dans le piège facile des séquelles, phénomène alors très répandu à Hollywood, et réalise Psychose 3 en 1987. Avec sa none qui tombe du sommet d’un clocher en ouverture du film, Perkins nous offre un hommage calamiteux à Sueurs froides (Vertigo) d’Alfred Hitchcock. La suite du film n’est pas glorieuse et la sauce d’un Norman Bates toujours hanté par sa mère ne prend à aucun moment dans cette triste suite. Le public ne s’y trompe pas et boude ce film qui sort de l’affiche rapidement pour tomber aux oubliettes. Anthony Perkins interprète une dernière fois Bates en 1990. Ce dernier film de Mick Garris (Critters 2, La nuit déchirée) est uniquement produit pour la télévision. Voir Norman Bates en mari inquiet pour sa femme enceinte et sa future descendance est une horreur pour les spectateurs. Et le plus outré d’entre eux sera encore une fois Robert Bloch qui réplique aussitôt.

La même année, il fait fort en sortant Psychose 13. Le titre est un joli pied de nez à l’absurdité de tous ces numéros de suite. Au cinéma, Norman Bates est devenu un phénomène de foire et Bloch part de ce constat pour monter une intrigue autour de la reconstruction du Bates Motel, transformé par des entrepreneurs peu scrupuleux, en parc d’attraction. Pour en finir, Bloch avait pris le parti de tuer Bates dans Psychose 2 mais son esprit, constamment ravivé par d’autres, frappe tous les salauds qui souillent sa mémoire. Psychose 13 est un roman assez jouissif et caustique sur toutes les dérives qui ont entouré le personnage de Norman Bates. Il est aussi visionnaire quand on sait que la maison de Psychose se trouve aujourd’hui visitée par des ploucs en short à Disneyland Paris.

Anthony Perkins meurt en 1992 et Robert Bloch, le véritable père de Norman Bates, le suit dans la tombe en 1994. Bates est alors orphelin. Apparaissant dans des épisodes des Simpsons ou pastiché dans ceux de K2000, Bates est entré par la grande porte dans la culture populaire.

En 1998, Gus Van Sant lui offre un vibrant hommage en réalisant un remake du Psychose d’Alfred Hitchcock. Van Sant a compris qu’un tel film est vraiment intouchable. Avec un immense respect et une incroyable virtuosité, il reprend donc le film plan par plan en y apportant seulement une touche de couleur que n’a pas la version originale.

Depuis une dizaine d’année, Norman Bates semble définitivement mort. Espérons qu’il soit heureux… avec sa maman.

La Reine de la nuit (1977), de Marc Behm

Pauvre Edmonde Kerrl ! Sa vie a été tellement courte qu’elle a à peine eu le temps de terminer de lire Anthony Adverse, marchand d’esclave d’Hervey Allen. Il est vrai que lorsque l’on est un membre éminent de la S.A puis des S.S, on a peu de chance de survivre en 1945. Mais Edmonde savait tout cela puisque depuis sa tendre enfance elle se sentait suivie par un méchant loup qui attendait le moment opportun pour s’occuper de son cas. Ce loup inquiétant, sorti d’un conte pour enfant, a finalement pris les traits de l’Allemagne pour dévorer l’adorable petite Edmonde devenue grande et si méchante.

Pour son premier roman La Reine de la Nuit (1977), Marc Behm raconte le destin incroyable d’une jeune allemande qui n’avait demandé à la vie qu’à faire de longues promenades avec son père et à se retrouver dans la maison du Seigneur. Heureusement, l’imagination délirante de Marc Behm n’offrira jamais ce paisible destin à son héroïne. En effet, dès son plus jeune âge la petite Edmonde est très agitée. Très tôt durant son adolescence, elle affirme son goût prononcé pour les filles et son dégoût des hommes. C’est par un hasard et un malentendu qu’elle entre dans le parti nazi et ne cesse de prendre des responsabilités de plus en plus élevées tout en pestant contre la crétinerie de ses représentants. Sous la plume de Marc Behm, nous suivons Edmonde dans un Paris occupé où elle est le guide privilégié du Führer. On la croise aussi sur le front russe, dans les camps en Pologne mais aussi dans les bras et entre les jambes d’Eva Braun puis dans le lit d’Hermann Goering où celle-ci tente de branler, en vain, ce gros porc défaillant.

Malgré son titre, La Reine de la Nuit n’a rien à voir avec la Flûte Enchantée de Mozart et ce roman n’est absolument pas une évocation de la franc-maçonnerie. Par son ton picaresque, surréaliste et halluciné, La Reine de la Nuit rappelle certaines pages des chroniques allemandes de Louis-Ferdinand Céline. On rit beaucoup dans ce roman très référencé où l’on évoque de manière décalée les œuvres d’Ibsen, de Louise Brooks, de Shakespeare ou encore de Beethoven. Derrière les aventures d’Edmonde, on pense aux mémoires écrites par la fantasque et originale Maud De Belleroche dans son livre Le Ballet des Crabes. De nombreux traits sont communs entre ces deux tempéraments exceptionnels mais Maud De Belleroche, contrairement à cette peste d’Edmonde, n’a jamais été violente ni nazie.

Marc Behm (1925-2007)

Dès son premier roman, Marc Behm pose déjà les thèmes que l’on retrouve tout au fil de son œuvre. Dans ses autres bouquins tels que Et ne cherche pas à savoir ou Trouille, ses personnages sont en effet toujours poursuivis par un élément fantastique. Les femmes sont constamment des gouines totalement dégénérées et les hommes font preuve d’une perpétuelle impuissance et de lâcheté. Mais malgré toutes leurs tares, ils sont drôles, vifs, cultivés et foutrement attachants. Finalement, j’aurais bien voulu connaître cette Edmonde…

 La Reine de La Nuit (The Queen Of The Night) – éditions Rivages/Noirs (135)

Le Crépuscule des Stars, Robert Bloch (1957)

Profitant de l’engouement autour du film de Michel Hazanavicius, The Artist, les éditions Rivages Noir ont eu l’excellente idée de rééditer le roman de Robert Bloch, Le Crépuscule des Stars (1957). Toutes les décennies, un courageux éditeur français tente de faire découvrir ce magnifique livre sur le cinéma muet en se cassant les dents puisque cet ouvrage n’a malheureusement jamais rencontré son public. Ou plutôt, c’est le public de Robert Bloch, auteur de romans de terreur tels que le célèbre Psychose, qui n’a jamais retrouvé son auteur de prédilection dans cette grande histoire d’amour qu’est Le Crépuscule des Stars.

Dans sa plus tendre enfance, Robert Bloch a été marqué par le cinéma muet. Ses rêves étaient hantés par la figure terrifiante de Lon Chaney, les formes envoutantes de Gloria Swanson, le romantisme de Rudolph Valentino et il se prenait à rire devant les frasques de Keaton, Chaplin et Harold Lloyd. Le Crépuscule des Stars est donc un cri d’amour sur un Hollywood fantasmé et à jamais disparu.

Ce roman raconte la destinée d’un jeune orphelin, Tom Post, qui rêve de se faire une place à Hollywood. Partant du simple poste de responsable des intertitres des films, on suit Tom Post dans son ascension vertigineuse au sein des studios Coronet. Tom Post comprend rapidement que dans ce monde factice qu’est Hollywood, il faut s’inventer un personnage pour se faire remarquer et donc réussir. Tom Post, tellement happé par le cinéma, préfère remplacer la réalité par celui-ci. Tout comme François Truffaut, il fait partie de ces gens qui pensent que tout est plus beau à l’écran. Il n’hésitera donc pas à se transformer en véritable tyran afin de façonner un quotidien parfait. En petit Charles Foster Kane, il y laissera lui aussi sa vie, ses rêves et son amour. Robert Bloch décrit parfaitement les fondations fragiles et factices de cette nouvelle et improbable Mecque qui rayonne bien plus que tous lieux saints durant le vingtième siècle. Hollywood apparait comme un mirage peuplé d’immigrés qui s’inventent un passé en étant prêts à tout pour croquer leur part du gâteau et ainsi participer au rêve américain.

Robert Bloch

Le Crépuscule des Stars commence à l’apogée du cinéma muet en 1922 et se termine en 1929, lorsque tout ce beau monde se retrouve englouti par la crise économique et l’avènement du parlant. Tout comme dans The Artist, cette description clinique de la mort d’une industrie et d’un modèle économique résonne très fortement aujourd’hui dans nos consciences. On ne peut s’empêcher de penser en parallèle à ce que subissent de nos jours les mondes du disque et du cinéma, bouleversés par l’irruption d’Internet.

Comme dans toute tragédie, Le Crépuscule des Stars offre son lot de chagrin, de morts et de laissés-pour-compte dans cet étrange polar. Robert Bloch voulait donner deux suites à ce roman pour couvrir toute l’histoire du cinéma jusqu’à l’apparition de la télévision. La confidentialité de ce livre n’offrira jamais à l’auteur l’occasion d’écrire ces romans.

Le Crépuscule des Stars fait donc partie de ces grands romans hollywoodiens que l’on range aux côtés de ceux de John O’Hara, Nathanael West, Budd Shulberg et Francis Scott Fitzgerald.

Mais Robert Bloch n’abandonnera pas complètement Tom Post puisqu’il le fera revivre dans son livre Psychose 2 (1982). On le voit tenir un motel minable, vivant misérablement avec ses fantômes du cinéma muet. Bloch devait être tellement attaché à ce bon Tom Post que ce dernier sera finalement épargné par la folie meurtrière du détraqué Norman Bates.