Quand je serai petit : film de Jean-Paul Rouve

Mathias, paysagiste quadragénaire, repère lors d’une croisière Mathias, un enfant  qui lui ressemble trait pour trait lorsqu’il avait dix ans. Troublé par cette incroyable ressemblance, il mène une enquête qui le conduit jusqu’à Dunkerque pour le revoir. Sur place, il découvre que la famille de cet enfant porte le même nom que lui et que celle-ci est la réplique exacte de la sienne trente ans plus tôt. Connaissant les épreuves qui attendent l’enfant puisqu’il les a vécues, il va prendre Mathias sous son aile pour tenter de corriger les erreurs commises par ses parents et ainsi revisiter toute une période de son enfance.

Pour son deuxième film, après le pathétique portrait édulcoré d’Albert Spaggiari dans Sans armes, ni haine, ni violence, Jean-Paul Rouve nous fait un nouveau numéro d’équilibriste. Mais, alors qu’il s’était lamentablement vautré pour sa première réalisation, Quand je serai petit prouve que Jean-Paul Rouve sait tenir debout avec un sujet vraiment casse-gueule. Avec cette histoire tirée par les cheveux, Rouve évite de tomber dans le malsain car il est effectivement monstrueux de se prendre d’une affection paternelle pour son double. Cette comédie fantastique, usant de procédés narratifs proches de ceux de Retour vers le futur de Robert Zemeckis, tient par le jeu sobre et touchant des acteurs. Rouve a en effet l’intelligence de vouloir contrecarrer l’aspect fantastique de l’histoire de son film par un jeu d’acteur et des mises en situation extrêmement réalistes. C’est d’ailleurs un plaisir de voir Benoit Poelvoorde dans un rôle posé et loin des singeries et des crises d’hystéries habituelles. Xavier Beauvois, Claude Brasseur et le jeune Milijan Chatelain  sont excellents.

Pour le réalisateur, ce film est bien plus personnel  qu’autobiographique. Pourtant, Rouve livre forcément beaucoup de lui-même dans ce film  puisque l’intrigue se passe à Dunkerque, ville de son enfance. Plus étonnant, avec ses références au film d’Alain Corneau, Série noire (1979), le fantôme de Patrick Dewaere plane sur tout le film. Jean-Paul Rouve n’a jamais caché sa débordante admiration pour cet acteur. Et quand on voit que l’adorable Miou-Miou, ex petite amie de Dewaere, joue dans Quand je serai petit, la mère de Jean-Paul Rouve… on se plait à imaginer un drôle de nœud œdipien. En résumé, Jean-Paul Rouve dirige l’ancienne compagne de l’acteur qu’il aurait aimé être dans un film où elle joue sa mère. Docteur Freud, nous avons un client !

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