Ringo Starr & his All Starr Band : concert Lyon 2 juillet 2011

C’est triste une salle de concert à moitié vide. Nous étions bien installés dans nos fauteuils pour constater que notre vedette n’attire plus les foules. Pauvre Ringo ! Depuis la séparation des Beatles, personne ne l’a pris au sérieux à cause, peut-être, de son innée faculté à faire l’andouille. Il a, depuis, écumé toutes les maisons de disques trop contentes de signer un Beatle. Puis catastrophées par ses ventes, elles l’ont gentiment prié d’aller voir ailleurs. Mais depuis 1989, Ringo a formé sa machine de guerre, le All Starr Band.

Hier soir, Lyon accueillait ce groupe à géométrie variable orchestré par notre batteur préféré à la bonne humeur légendaire. Le All Starr Band est composé de veilles stars sur le retour ayant caressé les sommets des charts avant de sombrer dans l’oubli du grand public.

Il y a des fans de Paul, de George ou encore de John, mais quel snob  peut s’enorgueillir de préférer Ringo aux trois autres ? Le public de Ringo n’est donc pas le grand public. Ringo ne peut qu’attirer les fans ultras, invétérés et inoxydables des Beatles. D’ailleurs, tout le monde a une bonne tête dans ce public. On croise des visages familiers même si on ne les connait pas. Certains portent de beaux t-shirts et d’autres vont jusqu’à ressortir les costards des fabs de 1964. La famille Beatles s’est rétrécie mais elle semble toujours aussi soudée avec des esprits adorablement fêlés.

Après une première partie gentillette, notre Ringo arrive enfin avec son nouveau All Star sur It Don’t Come Easy. Fidèle à lui-même, Ringo danse comme un métronome binaire sur ce titre endiablé. Derrière lui, on ne trouve que des musiciens américains. Edgar Winter, marionnette vivante du Muppet Show, joue du saxophone. A ses cotés se trouve Wally Palmar des Romantics à la guitare. Un peu plus loin, Rick Derringer qui prend les solos à la vitesse d’un tgv. Pour faire groover le tout, Richard Page de Mr.Mister est à la basse. La plus belle surprise du groupe se trouve aux claviers avec Gary Wright qui était déjà présent sur l’album All Things Must Pass de George Harrison.

Chaque membre du All Starr Band a droit à deux titres de son répertoire. Le concert s’enchaine donc entre les titres de Ringo et les leurs. Il y a une dominante de son très californien sur ce concert. Dans le désordre, Edgar Winter, du haut de ses pratiquement deux mètres, met le feu à la salle avec Free Ride. Wally Palmar s’en sort pas mal en passant juste après ce monstre avec son hit Talking In Your Sleep. Dans un bordel ambiant, Ringo nous fait une version très beatlesmania de I wanna be you’re man. Rick Derringer sort l’artillerie lourde avec son hymne Hand On Sloop Be. Puis c’est au tour de Gary Wright d’hypnotiser la salle avec Dream Weaver. Page nous fait une version  léchée de Kyrie, tellement parfaite qu’on a l’impression d’écouter RTL2.

Avant le second tour de chansons de son All Starr, Ringo fait chanter la salle, le temps de retomber en enfance avec Yellow Submarine. Le All Starr repart avec un tas de hits monstrueux dont le groovy Love Is Alive de Gary Wright et Frankenstein où, dans un véritable tour de force, Edgar Winter passe du clavier au saxophone jusqu’aux percussions.

Dans une euphorie communicative, Ringo enflamme définitivement la salle avec son humour dévastateur et une version très country de Act Naturally. Le bouquet final se fait sur With a little help from my friend avec un petit rappel sur Give peace a chance.

De ces deux heures magiques et intemporelles, on ressort le cœur énorme et prêt à se cogner à la réalité. On regrette cependant que Ringo n’ait pas interprété Wrack my brain et You’re sixteen. Puis nos petits problèmes nous rattrapent vite et nous sommes malheureusement bien en 2011. Mais nous avons vu Ringo.

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3 réponses à “Ringo Starr & his All Starr Band : concert Lyon 2 juillet 2011

  1. Pingback: Thanks RINGO ! Concert Ringo Starr & his All Starr Band, Lyon – 2 juil. 2011 | le-chat-masqué

  2. Ah ouais, comme c’était bien, ce concert… et c’est vrai qu’il y avait plein de bonnes têtes et de beaux T-Shirts !!! Mon chéri a eu un franc succès avec le sien, kaki tie-and-die imprimé « Back in the USSR » en rouge devant. Tu l’as peut être repéré 😉

  3. Mon cher, tu lui rends là un bel hommage mérité. Car au-delà du clown (triste) caricaturé – forcément – facilement par la presse se trouve un homme étonnant et talentueux. Ou comment l’alchimie beatlesienne avait besoin de chacun pour fonctionner.
    Plaisir aussi de relire des noms oubliés comme Rick Derringer. Son album « All American Boy » a l’une des plus laides pochettes de l’histoire du disque, mais il est sacrément bon.

    Au plaisir de te relire!

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