La Vallée de la poudre (The Sheepman), George Marshall

Acteur, scénariste, producteur et réalisateur, George Marshall (1891-1975) était un touche-à-tout sans génie.  Avec plus d’une centaine de films à son actif et une étoile sur Hollywood Boulevard quotidiennement piétinée par des touristes incultes, Marshall fait partie de ces immenses professionnels de la profession qui ont hanté trop discrètement Hollywood. Marshall ne brillait nulle part mais était à l’aise partout. Et pour preuve : il a aussi bien signé des comédies en dirigeant W.C Fields, Laurel et Hardy ou encore Jerry Lewis que réalisé des polars, des drames et des westerns.

Westerns et comédies étaient les deux piliers les plus solides de son œuvre. Genres pourtant radicalement opposés mais qu’il a sans cesse essayé de concilier en donnant souvent une touche légère à ses westerns. A trois reprises, George Marshall dirigea Glenn Ford dans des films de cowboys. Dix sept années séparent Texas (1941) de leur seconde collaboration avec The Sheepman (1958), admirablement traduit dans notre belle langue par La Vallée de la poudre. Tout comme dans Destry Rides Again  (Femme ou démon) où Marshall, à contre courant du genre, offre le rôle principal à une femme dans un film d’hommes, The Sheepman évoque une situation peu banale dans le western en voyant s’affronter deux éleveurs de bétails. Glenn Ford joue le rôle d’un éleveur de moutons répondant au doux nom de Jason Sweet qui décide d’installer son troupeau dans une vallée spécialisée dans l’élevage de bovin. Au gré du film, on comprendra qu’une vengeance se cache sous cette provocation.

Sans être un chef d’œuvre, The Sheepman tient du miracle. Marshall joue une partition périlleuse où, tout en restant dans les codes du western avec son florilège de scènes de bagarres, de duels et de violences envers de pauvres moutons, il réussit à injecter une forte dose d’humour durant son film. On doit cela en partie à un Glenn Ford qui passe sans complexe de la peau d’une brute épaisse à celle d’un séducteur taquin. Les seconds rôles ont aussi une grande importance. Les combats entre Jumbo, le lourdaud du village, joué par Mickey Shaugnessy, et Glenn Ford sont hilarants. Et puis comment ne pas résister aux magnifiques pommettes enjouées d’une Shirley MacLaine toute fraîche ?  Bizarrement, c’est l’acteur promis à la plus grande carrière comique qui est le moins amusant dans ce film. En effet, Leslie Nielsen, le futur flic le plus catastrophique de la série des Y a-t-il …, prend son rôle de méchant tellement au sérieux qu’il n’arrive pas à nous faire décrocher le moindre sourire. On a du mal à le reconnaitre !

The Sheepman (La Vallée de la poudre) est donc un film à grand spectacle, bourré d’actions et servi par des acteurs au meilleur de leur forme. George Marshall retrouvera de nouveau Glenn Ford en 1964 pour un autre western hilarant, Advance To The Rear (Le Bataillon des lâches). Malheureusement, aucun professionnel de la vidéo n’a eu le courage de l’éditer à ce jour.

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2 réponses à “La Vallée de la poudre (The Sheepman), George Marshall

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