Wonder Boys, de Curtis Hanson

Les scénaristes américains manquent cruellement d’imagination lorsqu’ils traitent de la figure de l’écrivain en panne d’inspiration.
Que ce soit dans Le Poison (1945) de Billy Wilder ou dans Wonder Boys (2000) de Curtis Hanson, le personnage principal n’a que le temps d’un dernier week-end pour ressusciter ou mourir.
Et du ménage, Grady Trip (Michael Douglas) a bien besoin d’en faire dans Wonder Boys. Après un livre à succès, cet écrivain tant prometteur n’arrive pas à finir son second bouquin. Il rouille en tant que professeur à la faculté de lettres de Pittsburg et sa femme jette définitivement l’éponge en le larguant. Difficile de se projeter dans l’avenir avec ce vieil adolescent qui continue à fumer beaucoup d’herbe et vit comme un étudiant en sous-louant une piaule de sa maison à l’une de ses élèves nymphomanes (Katie Holmes). Pour fignoler ce désastreux tableau, Grady a engrossé sa maitresse (Frances McDormand) qui n’est autre que la femme du doyen de la faculté. Enfin, son éditeur (Robert Downey Jr.) débarque accompagné d’un travesti afin de mettre la main sur son bouquin tant attendu. Tout irait pour le mieux si Grady n’était pas suivi par son meilleur élève (Tobey Maguire), futur écrivain brillant mais complètement suicidaire.

Tous ces personnages paumés vont donc vivre des situations absurdes et complètements loufoques sous le décourageant ciel grisâtre de Pittsburg. Si cette adaptation du roman de Michael Chabon est si réussie, cela tient probablement du fait que les acteurs qui y participent étaient dans le même état d’esprit que leurs personnages. Ce n’est pas d’un week-end dont ils avaient besoin pour que tout bascule et se ressourcer mais d’un petit film sans prétention.
En tête d’affiche, avec ses cheveux filasse, ses lunettes vieillottes et ses peignoirs de grand-mère, Michael Douglas brise son image de sex-symbol. Après Liaison Fatale, Basic Instinct ou encore Harcèlement,  il en avait probablement marre de mettre sa bite là ou il ne faut pas dans des polars pseudo érotiques. Douglas montre qu’il peut être aussi un acteur comique. Wonder Boys a été l’occasion pour lui de suivre cette voie avec d’autres films aussi farfelus qu’Espion Mais Pas Trop ! et King Of California. Pour Katie Holmes, Wonder Boys lui permet un temps de s’échapper des émois sentimentaux de la série Dawson pour la découvrir coquine et allumeuse. On imagine que certaines scènes du film ont du faire énormément sourciller un authentique scientologue. Pour Tobey Maguire, Wonder Boys est l’occasion de consolider sa carrière qui a du mal à vraiment décoller pendant que celle de Robert Downey Jr. patine dans des seconds rôles alimentaires.


Sans déflorer l’intrigue, il est amusant de voir que les deux futurs super-héros que sont Spiderman et Iron-Man se sont connus dans ce film.  Connaissance intime puisqu’ils vont jusqu’à coucher ensemble sous la bénédiction de Jean Genet. Quand à Frances McDormand (Fargo, Burn after reading), elle est toujours exceptionnelle.

Sortant de l’épuisant L.A Confidential, Curtis Hanson s’est donc offert ce  film à petit budget. En utilisant tous ses acteurs à contre emploi, il ne savait peut être pas qu’il leur avait offert un magnifique tremplin pour leurs futures carrières.

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Une réponse à “Wonder Boys, de Curtis Hanson

  1. J’aime beaucoup ce film, les acteurs sont tous excellents !

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